Interview : Christel LACASSIN-DARRE

Christel02.PNGBonjour à tous,

Aujourd’hui, pour mon 120ème article, j’ai le plaisir d’interviewer Christel Lacassin-Darre qui est l’auteure de « Devenir une autre ».

Commençons cette interview !

 

Bonjour Christel, je te remercie d’avoir accepté mon interview. Pour commencer, peux-tu te présenter à nous ?

« Je suis Maman de jumeaux. Je suis mariée. Je travaille, pour l’instant, à temps plein en tant qu’adjointe administrative dans le milieu médical. Après, je vais passer à temps partiel justement pour me consacrer un petit peu à mes projets personnels et me reposer un petit peu à cause de mes petits problèmes de santé. »

Merci pour ta présentation ! Ton livre est un témoignage. Tu y racontes ta vie, ta maladie invisible qu’est l’endométriose. Est-ce que pour toi, cela a été difficile d’en parler ? Que les lecteurs découvrent ta vie ?

« Au début, oui. C’était très difficile de parler de tout ça. D’ailleurs, je n’en ai pas parlé de suite, c’est grâce au livre que j’ai écrit que j’ai commencé à en parler. Donc suite à la sortie du livre, j’en parle beaucoup plus et justement grâce aux séances de dédicaces et aux salons du livre, j’ai rencontré des personnes qui m’ont proposé de participer à des conférences, des débats, pour continuer à parler, pas seulement de mon livre mais de la maladie en elle-même. »

Adresses-tu ton livre pour un public particulier ? Ou tout le monde peut le lire ?

« Pour tout le monde. Effectivement, c’est un livre témoignage sur l’endométriose et sur les maladies invisibles. On parle beaucoup plus de l’endométriose mais il y a d’autres témoignages qui sont importants. L’objectif ce n’est pas d’atteindre que les personnes qui sont malades mais c’est aussi d’atteindre les personnes qui ne sont pas malades, justement pour changer le regard des autres sur les gens qui sont malades, sur ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent, pour faire changer les mentalités. Mon objectif, c’est ça. C’est de faire changer les mentalités ! Le regard des autres sur moi, comme sur les autres qui ont un regard différent parce qu’on devient quelqu’un d’autre effectivement, quand on est malade. Et il y en a, qui effectivement, ont une vie un peu moins positive et d’autres qui ont une vision plus positive suite à des problèmes de santé ou des aléas de la vie qui font qu’on voit la vie autrement. J’aimerai atteindre plus de personnes et pour l’instant, que ça soit lors des séances de dédicaces ou dans des salons du livre, je n’ai pas réussi à atteindre ces personnes, bien au contraire. C’est très compliqué, je pense que je m’attaque à un grand combat, de vouloir changer les mentalités et le regard des autres. Il y a des personnes qui m’approchent et qui sont très gentilles et qui connaissent le sujet mais qui ne vont pas forcément acheter le livre et c’est dommage. Et il y en a d’autres qui… Sont un peu plus particulière, qui sont rebutés par les problèmes de santé des gens et qui font des fois « Houlala ! » [Rires].

C’est donc un grand combat que tu fais ?

Tout à fait. Et ce n’est pas forcément gagné d’avance ! [Univers Lectures : Aucun combat n’est gagné d’avance ! –Bon moment de rires] »

Avec ton roman, as-tu un message à faire passer ? C’est de changer les mentalités ? C’est l’objectif principal ?

« C’est de permettre à d’autres personnes qui sont malades, pas forcément de ce que moi j’ai ou que les autres maladies qui sont présentés. Tout le monde peut se reconnaître dans nos témoignages notamment par rapport à la fatigue, la douleur, les traitements, les examens intrusifs, douloureux, tout le monde peut se retrouver dans nos témoignages. Donc c’est avant tout, effectivement, d’atteindre ces personnes pour un message d’espoir, qu’on peut avoir une vie différente, ne pas rentrer dans la normalité. Mais justement, qu’est-ce que la normalité ? Et c’est aussi d’atteindre d’autres personnes et l’objectif, c’est effectivement, de changer les mentalités et le regard des autres. Et d’avoir, même si c’est difficile, d’atteindre un objectif de vie, d’être beaucoup plus positif, toujours voir le côté positif des choses même si c’est compliqué, dans les problèmes de santé. Même encore hier, je disais « Ah et bien moi, je n’ai pas besoin de faire de couleur, je n’ai pas de varices aux jambes mais voilà, j’ai d’autres problèmes ! » Donc j’ai beaucoup fait rire mon mari quand je lui dis des choses positives et il me dit « Eh bien, tu vois que tu y arrives ! ». « Oui, j’y arrive ! ». [Rires]. « Je n’ai pas que des problèmes ». [Rires]. »

Comme tu n’as pas écrit ton livre d’une traite, comment occupes-tu ton temps libre quand tu n’écris pas ? Est-ce que tu aimes lire ?

« Oui donc, effectivement, comme je travaille à temps plein, ce n’est pas toujours évident d’écrire. Donc j’écris pendant mes loisirs et beaucoup plus quand je suis des fois, arrêtée. J’aime lire, j’aime écrire, j’aime regarder la télé [rires]. [Univers Lectures : regarder les séries ?] Regarder des séries [rires par rapport à une conversion off avant l’interview], des films… Et surtout, passer du temps avec mes enfants. Je suis une grande enfant en fait… Avec mes enfants ! [Rires]. Aller se promener aussi. [Univers Lectures : donc beaucoup d’enfants à la maison !]. Oui et deux petits. [Rires] Deux grands et mes chats ! Dans une question, qu’est-ce que j’aime, j’aime les animaux surtout les chats donc ils prennent aussi du temps les chats [Rires]. [Univers Lectures : ils sont importants, faut pas les oublier]. C’est ça [Rires]. Et d’ailleurs, ils y sont, dans tout ce que j’écris, même les chats [Rires]. Donc oui, j’ai plusieurs passions, aller marcher, faire des randonnées, faire du vélo, aller au cinéma avec mes enfants. On a un petit peu les mêmes passions donc on profite d’être un petit peu pareil et c’est agréable ! »

Quand tu as présenté ton livre au grand public, comment s’est passé ta rencontre avec tes lecteurs ?

« [Rires]. Alors justement, j’ai fait de belles rencontres ! Lors de mes séances de dédicaces, de la première jusqu’à Dimanche [Explication : le Dimanche passé, il y a eu un Salon de Livre où Christel y était]. Avec les salons, que ça soit à Rabastens, à Albi, à Montredon-Labessonnié, à Gaillac… De belles rencontres à chaque fois ! Des rencontres un peu étranges aussi… [Chuchote : je ne sais pas si je peux en parler puis rires]. Mais oui oui, j’ai rencontré des personnes qui n’ont pas forcément acheté mon livre mais qui m’ont donné des conseils, des personnes qui sont devenues mes amis et avec qui, grâce à ces personnes, je peux continuer aussi, certains jours difficiles à continuer à rester debout et à continuer de sourire parce que j’aime bien rigoler et sourire plutôt que de pleurer. Et dans ces moments-là, c’est vrai que c’est bien d’avoir des personnes qui sont comme moi, c’est plus facile ! Donc oui, pas mal de rencontres… Assez originales ! Et des propositions m’ont été faites, de participer à des cafés citoyens, aller faire de l’Aviron à Albi, de faire des conférences-débats. Et dans les originalités, des personnes pas forcément gentilles face à la maladie donc ça, c’était moins agréable, des personnes soignantes notamment, heureusement, j’avais des témoins, qui ont été désagréables. Mais des femmes aussi, surtout c’était des femmes, à chaque fois, désagréable. Pas forcément moi, puisqu’il y avait aussi mon mari qui ont fait des réflexions justement sur les personnes qui souffraient d’endométriose. Mais bon, ces personnes-là, moi je préfère ne pas répondre. Je ne réponds pas et je ne polémique pas sur ça parce que ça ne sert à rien. Donc c’est justement pour ça que je dis que le combat est difficile parce que c’est ces personnes-là qu’on veut atteindre et finalement, on ne les atteint pas. Un jour peut être ! C’est difficile, je les prends pas mal. Ça me glisse en fait, des personnes comme ça. Des choses bizarres. »

D’ailleurs, lors de tes séances de dédicaces, as-tu une anecdote ou un fait qui t’aurait marqué à nous raconter ?

« Oui oui, mais j’ose pas [rires]. Alors il y a eu des séances où j’ai eu une personne qui a vu mon livre et qui m’a parlé pendant un petit moment, qui avait des problèmes de santé, qui le savait. C’était l’alcoolisme. Et avec qui, j’ai rigolé quelques minutes, qui savait qui était malade mais qui continuer à boire et voilà donc qui était très gentille. Même un peu spéciale mais très gentille. Le même jour d’ailleurs, une dame qui avait dit avoir souffert d’endométriose, une mamie et qui a dit qu’il fallait avoir la foi, pour guérir. Et que si j’avais la foi, je guérirais. Sauf qu’on ne guérit pas de l’endométriose… Donc elle m’a fait un peu peur parce qu’elle m’a attrapé la main [rires], j’ai cru que j’allais être embrigadée [rires] dans je ne sais pas quoi [rires] mais oui, c’est les deux petites anecdotes entre le Monsieur gentil et elle qui n’était pas méchante mais… Ça fait un peu bizarre ! [Rires].

Après, beaucoup de personnes différentes et avec qui, j’ai pu discuter de la maladie sans forcément vendre mon livre mais avec qui, j’ai fait de la sensibilisation ou qui connaissait la maladie ou qui était curieux. Ah oui, les autres originalités ! C’est que les gens ont peur que le livre brûle [rires]. On n’a peur qu’on va manger les gens, ils ont peur en fait ! Qu’on les mange, je ne sais pas qu’ils n’osent pas s’approcher lors des séances de dédicaces. Alors que je n’ai jamais mangé personne ! [Rires – Univers Lectures : peut-être que ça arrivera !]. Voilà d’ailleurs Dimanche, j’ai dit à quelqu’un, je plaisantais et la dame elle dit « ah ça brûle pas » « ben non, peut-être un jour, ça risque de brûler ! » [Rires].

[Univers Lectures : Tu en as rencontré des gens, dis donc !] Et ça, ce n’est qu’une partie… [Rires] que je me souviens [rires]. J’en ai eu des originaux, des personnes originales, j’en ai eu quelques-unes [rires]. Tout ne me revient pas là, je pense que je peux me les noter mais je me les garde pour moi [rires]. »

Es-tu présente sur les réseaux sociaux ?

« Oui, beaucoup ! Enfin beaucoup mais pas tous. Alors Facebook et Instagram. J’ai un site. Je souhaite faire un blog mais voilà, très active sur Facebook ! Novice sur Instagram [rires parce que je lui ai appris des petites choses], je découvre de nouvelles choses. »

Des projets d’écriture pour l’avenir ?

« Oh oui ! Plein ! Plein de projets, des nouvelles, un nouveau livre témoignages. Version papier les deux, les nouvelles pour aborder la maladie différemment donc j’espère pouvoir être lu par des ados. Je sais que l’un de mes textes plaît aux copines de mes filles donc je veux continuer sur cette lancée de faire quelques petites nouvelles fantastiques parce que ça me plaît déjà. Donc un projet d’écriture, les deux sortiront en même temps donc le prochain livre témoignage et les nouvelles. Et je suis aussi sur des nouvelles policières. Mais j’aime bien faire plus court, pas que des récits de vie, c’est mon deuxième projet et après, je veux aborder les choses différemment par des nouvelles. Mais tout en sensibilisant les gens autrement. »

L’interview touche à sa fin. Avant de se quitter, as-tu un mot à ajouter ?

« Pas du tout mais ça reste stressant ! Heureusement qu’il n’y a pas la caméra [Univers Lectures : j’aurais pu puis rires] mais il y a quand même le micro. [Rires] »

Merci Christel de m’avoir accordé cette interview. J’ai passé un très bon moment en ta compagnie, merci pour les moments off ! J’ai bien rigolé aussi et on a bien échangé lors de cette interview, merci pour tout et je te souhaite tout plein de courage pour ton futur. À très vite !

Christel LACASSIN-DARRE_01

 

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