Interview : Pierre THIRY

Pierre Thiry
Photographe Lydie L

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer Pierre Thiry, l’auteur de « Sansonnets, un cygne à l’envers » mais pas que ! Commençons, cette interview.

 

 

Bonjour Pierre, je vous remercie d’avoir accepté mon interview. Pour commencer, pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous ?

Je suis quelqu’un qui aime écrire des sonnets

J’ai aussi écrit d’autres livres : deux romans,

Et puis aussi un petit conte pour enfants.

J’ai en ce moment sur le feu d’autres projets.

 

J’aime publier des livres, jongler avec

Les phrases et les mots, les silences les rimes.

J’aime lire les grands écrivains qui sont aux cimes

Mais aussi les polars rapides courts et secs.

 

On me connaît sous le nom de Pierre Thiry

Je suis l’auteur de Ramsès au pays des points-

Virgules mais aussi d’autres petits écrits.

 

Dont ces sonnets sur lesquels vous avez écrit.

On peut commander tous mes livres, plus ou moins,

Dans quasiment toutes les bonnes librairies

 

Merci pour votre présentation. Je vais poser quelques questions sur ce que vous aimez, si vous le voulez bien. En fait, je me demande quelque chose. D’où est venue cette passion pour l’écriture ?

Ah! oui… d’où me vient ma passion pour l’écriture?

Je crois que j’ai toujours écrit, en vers, en rime,

Sous la pluie de Rouen, ou le soleil de Nîmes,

Pour évoquer Flaubert, ou les lapins Arthur,

 

Théobald et Justin ceux de Montceau-les-Mines

Que j’ai fait vivre dans mon conte pour enfants.

Je travaille en ce moment à de futurs romans,

J’aime travailler la prose épaisse ou les phrases fines

 

Je ne cesse d’écrire, car les bruits du monde

Qui grondent sur notre pauvre planète ronde,

Méritent qu’on les prenne en dictée pour en rire,

 

Méritent qu’on les transforme en en faisant des livres.

Oui, nous en avons besoin, simplement pour vivre.

Peut-on vivre sans lire, vivre sans écrire ?

 

La passion pour l’écriture… Écrire c’est vraiment super mais comment vous vient l’inspiration ?

L’inspiration vient aux poètes grâce aux muses.

Alors je me suis dit: « faut que t’aille au musée. »

Je croyais que c’était leur logis, mais tout s’use,

De muse point. Alors j’ai construit ma fusée,

 

Comme j’ai pu, avec des boulons et des machins,

Une fusée poétique un peu imaginaire,

Elle est à moi, c’est un secret, c’est un splendide engin

Avec elle je peux visiter tout l’univers.

 

Quand je peux, je m’installe à mon bureau, j’écris.

Alors sur la feuille commence un voyage sans prix,

Tandis que les mots s’alignent les phrases se forment

 

Doucement le stylo accélère, tourbillonne

Alors surgit splendide une muse brouillonne

Elle dicte en désordre et moi je mets en forme.

 

Pouvons-nous savoir ce que vous aimez dans l’écriture ?

J’aime bien trouver de nouveaux alexandrins

J’aime les aligner en sonnets pour qu’ils riment

J’aligne mes vers et tout en rongeant mon frein

J’écris, je bricole, je cloue et puis je lime…

 

A force de raboter, scier, clouer, limer, rafistoler

A force de m’amuser, plier, jouer, rimer batifoler,

A force de chahuter, griller, rouer, mimer caracoler

A force d’écrire, à force de rigoler

 

Avec un peu de patience et d’obstination

Chaque jour, je produis ma petite ration

D’alexandrins en vrac à réunir ensemble.

 

A la fin, si je m’y prends bien je finis par

Pondre un deux ou trois sonnets, alors sans retard

J’éprouve une sorte de plaisir… …il me semble.

 

Quels sentiments ressentez-vous quand vous écrivez ?

J’éprouve une sorte de plaisir, je crois bien….

Je crois que c’est ainsi qu’on peut le dénommer

C’est un sentiment qui pousse à partir de rien :

Un oiseau qui chante, un rayon de soleil au mois de mai,

 

La lumière qui joue sur une feuille blanche,

Le rideau qui ondule, la brise qui entre

Et la danse du stylo qui soudain s’enclenche,

Alors j’aligne les mots et je me concentre.

 

C’est une sorte de pêche à la ligne : un sport,

Avant de pouvoir ramener la barque au port,

Une lutte démarre qui tire sur la ligne.

 

Alors il faut hameçonner l’inspiration

D’un seul coup, en retenant sa respiration

On arrive au bout avec un plaisir insigne.

 

Puis-je vous demander comment occupez-vous votre temps libre quand vous n’écrivez pas ?

Lorsque je n’écris pas je lis.

Lorsque je n’écris pas je lie

Les idées entre-elles, en ordre.

J’essaie d’ordonner le désordre.

 

Lorsque je n’écris pas je pense

Ou bien je sors et puis je danse.

Je voyage et j’attends le train

Ou je dors d’un sommeil sans frein

 

Lorsque je n’écris pas je rêve

Aux livres à venir, sans trêve

J’imagine de nouveaux styles

 

Lorsque je n’écris pas, je grogne

Je fais la tête ou bien la trogne

J’ai l’impression d’être inutile…

 

Maintenant, je vais vous poser des petites questions sur votre dernier livre « Sansonnets, un cygne à l’envers ». Vous dîtes que ce sont des sonnets. Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?

Un sonnet ce sont deux quatrains

Formés de quatre vers qui riment

Et comme les wagons d’un train

On les accroche, on les arrime,

 

(Ce train est un sonnet bien sûr)

On accroche ces deux quatrains

A deux tercets de fière allure

Qu’on place à la fin de ce train.

 

Ces tercets formés de trois vers

Doivent être beaux et pas trop verts

Pas trop mûrs non plus, juste à point.

 

Deux fois quatre vers, plus deux fois

Trois vers et c’est ainsi ma foi

Qu’on fait un sonnet juste à point

 

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire des sonnets ?

Ecrire un sonnet permet de tout faire

On peut les relier dans un petit livre

Comme Sansonnets un cygne à l’envers

Où les écrire, car il fait bon vivre,

 

Les écrire, disai-je, juste pour

Répondre aux blogueuses, aux journalistes

Qui vous posent des interview autour

De ce qu’est un sonnet ou de la liste

 

Des raisons qui font qu’on fait des sonnets.

Ai-je choisi d’écrire des sonnets ?

Excellente question mais périlleuse

 

Réponse, il faut l’admettre, j’en sais rien

Répondre juste en sonnets, c’est pas rien

Mais leur allure est-elle merveilleuse ?

 

Est-ce dur d’écrire des sonnets ?

Ecrire un ou deux sonnets c’est assez facile,

Avec un stylo, il faut trouver le bon son,

Ensuite, aligner les mots entre rime et style,

Trouver la phrase et le parfum qui sentent bon…

 

Ecrire un sonnet c’est une affaire de nez

Il suffit de sentir les fleurs, suivre la pente,

Avec intelligence en mouchant son sot nez,

Choisir le parfum, le rythme juste qui chante.

 

Ecrire un sonnet peut se faire un peu partout,

Sur un ticket de bus quand ronronne un matou

Sur un très vieux voilier, quand craque sa mâture.

 

On peut l’écrire en répondant aux journalistes,

Dans un salon, entre une actrice et un artiste

Ou bien sur l’internet, sur Univers Lectures

 

Pourquoi avoir choisi d’écrire 100 sonnets ? Pourquoi le chiffre 100, une signification ?

Pourquoi cent sonnets ? Pourquoi avoir choisi cent ?

Parce-que lorsqu’on roule à cent kilomètres-heure

Dans une décapotable au moteur puissant,

On a les cheveux décoiffés, et le bonheur

 

Insensé de voir défiler le paysage…

Car cent c’est un chiffre dont le rythme est effréné

En une heure on se retrouve assis sur la plage,

Et on attrape un coup de soleil sur le nez.

 

En créant cent sonnets, on donne un sens au nez

En roulant à cent on rallonge ses années

Car celui qui choisit d’inventer cent sonnets

 

Aime autant savourer le chant des sansonnets

Que rouler à cent kilomètres-heures sans monnaie

Pour écrire au bord de la mer six-cent sonnets.

 

Dans votre livre, vous jouez avec la langue française. Pourquoi ? Pouvons-nous avoir des précisions sur cette idée ?

La langue française est bien souvent trop sérieuse.

Sa grammaire est absurde, illogique et austère,

Son orthographe hideuse et souvent sourcilleuse

Mais quand vous jouez avec elle, alors, mystère,

 

On ne sait pourquoi elle devient souriante

Pleine de charme espiègle et coquette, amoureuse

Peut-être même est-elle aimée, sa phrase est riante,

Alors elle est belle, juste une parole heureuse.

 

Lorsqu’elle est triste solitaire et malheureuse,

Je la fais gambader pour la rendre radieuse

Lorsqu’on joue avec elle, elle est babillante,

 

Danseuse de corde ou trapéziste, elle est souple,

Sa raide rhétorique est soudain simple et souple.

Elle est dansante, hyperbolique et sémillante.

 

« Sansonnets, un cygne à l’envers » et « Cent sonnets insignes allant vers… » J’aime beaucoup cet homonyme. Comment vous est-il apparu ? Difficile à trouver ? Pouvons-nous avoir plus d’explication ?

C’est cette homonymie en forme de reflet

Qui m’a donné l’idée de pondre cent sonnets.

Les étourneaux, ces braillards et bavards mouflets,

Oiseaux que l’on appelle aussi des Sansonnets,

 

Vivent en groupe et sont des imitateurs hors-pair.

Les sansonnets reproduisent les bruits du monde.

Or, « cent sonnets » rime avec ces oiseaux grégaires.

Pouvait-on en sonnets enregistrer ces ondes ?

 

En cent sonnets j’ai réuni quelques clichés,

Un film burlesque pris en caméra cachée,

Quelques signes du monde pour donner à sourire.

 

Dans le bruissement très confus des étourneaux

J’ai vu comme une allégorie de tous ces mots

Flottant dans des livres à lire ou à écrire…

 

Pour la couverture du livre, un petit mot ? Pourquoi avoir mis un cygne ?

Le cygne est un symbole de la page blanche

Il représente aussi la plume qui écrit…

Le cygne évoque le signe dont le sens flanche…

Le signe est la lettre et les phrases qui s’écrient :

 

« Mais il est donc ainsi ce monde, tels que le décrivent

Ces cent sonnets, ces cent photographies des choses ? »

Celui qui veut parler du monde reste sur la rive,

Ne parvenant à percevoir toutes ses causes…

 

Ces sonnets où ces multiples signes s’agitent

Ne sont-ils qu’un étang où un seul cygne gite ?

Le monde et ses reflets pas toujours déchiffrables

 

Prend du sens parfois dans les pages d’un roman

Le monde où tout s’agite est parfois, par moments

Eclairé par un conte ou une simple fable.

 

Mon sonnet préféré est le premier. Avez-vous un préféré ? Si oui, lequel et pourquoi ?

J’aimerais l’écrire un jour.

Ce sonnet que je préfère

Est celui qui reste à faire

Pas encore écrit, toujours

 

Espéré à chaque fois

Que je hasarde un mot sur

Une feuille d’écriture

Ce n’est pas pour cette fois.

 

J’essaie de l’inventer encore.

Avant ce suprême accord

Final, j’écris par passion.

 

Le jour où je l’écrirai

Peut-être aurai-je tiré

Un trait sur mes ambitions.

 

Pensez-vous renouveler cette expérience et réécrire des sonnets ?

Comme vous le voyez aujourd’hui,

J’écris des sonnets sans arrêt

Au feutre, à la plume, à la craie

J’écris des sonnets jour et nuit.

 

Le sonnet est assez  pratique

Pour s’exprimer élégamment,

Même pour le très bref moment

D’une interview acrobatique.

 

Vos questions toujours pertinentes

N’ont su m’éviter cette pente

Où si souvent mes écrits penchent :

 

Tandis que je vous répondais

Mes mots coulaient vers le sonnet

Comme la Seine vers la Manche

 

Je souhaiterais vous poser quelques petites questions autour de l’auto-édition, si vous me le permettez. Votre livre est en auto-édition avec les éditions Books On Demand. Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?

Books on Demand est un service

A l’édition pas tout à fait

De l’autoédition mais c’est

Très pratique pour les novices.

 

Je ne suis pas moi-même éditeur

Books on Demand diffuse et vend

Ils sont éditeurs et marchands

Moi je suis seulement l’auteur.

 

Mes livres sont bien diffusés

C’est très simple de les trouver

Dans toutes les bonnes boutiques

 

On les voit dans les bons tuyaux

On parle d’eux sur Babelio,

Pour moi ce système est pratique.

 

Plus généralement, j’ai vu que vous avez écrit d’autres livres « Ramsès au pays des points-virgules », « Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines » et « Le Mystère du pont Gustave-Flaubert ». Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Le premier Ramsès au pays des points-virgules,

Est une «fiction fantaisiste» un court roman,

C’est un conte de Noël écrit pour les enfants

De dix à cent-dix ans. Hommage aux points-virgules.

 

Il se veut une invitation à lire, écrire,

Imaginer… le lecteur a le dernier mot…

Isidore Tiperanole, (hommage à Montceau

Les Mines), est un conte pour jeunes enfants

 

Quant au Mystère du pont Gustave-Flaubert

C’est un hommage à Rouen, à Gustave Flaubert,

Au pont qui porte son nom et à la musique.

 

C’est un roman compliqué et rocambolesque

Une sorte de polar décalé et burlesque,

Il est à la fois sérieux et humoristique.

 

Pour quel public adressez-vous vos livres ?

Chacun de mes livres a fini par trouver ses lecteurs

Ils n’ont pas toujours été ceux auxquels je pensais

En écrivant tous mes quatrains et mes tercets.

Je ne pensais pas toucher autant de blogueurs…

 

J’espère m’adresser à de multiples publics.

Dix à cent-dix ans pour le premier de mes livres,

Petits et grands enfants pour mon deuxième livre,

Adultes ayant l’esprit curieux… poétiques…

 

Un livre doit susciter des lectures variées

Mes sonnets chacun peut se les approprier.

J’écris pour les passionnés de littérature.

 

Et il arrive bien souvent que je sois surpris

Par les chroniques que suscitent mes écrits.

Les blogueurs sont souvent passionnés d’écriture

 

Des projets de livres pour l’avenir ?

 

Oui, j’ai des projets d’écriture

J’en ai plusieurs qui sont en cours,

De taille diverses plus ou moins courts,

Chacun avance à son allure.

 

J’aime prendre le temps d’écrire,

Peser et soupeser les mots,

C’est un peu comme pour les émaux

On ajoute, on cuit on retire.

 

J’imagine des aventures

J’écris, j’ajoute et je rature

La phrase avance un peu sauvage.

 

J’adore lancer des ébauches

Inventer, projeter, j’embauche

De nouveaux personnages…

 

L’interview est terminée mais avant, avez-vous un petit mot à rajouter ?

Sur mes projets futurs ?

Il y aurait tant à dire

Je ne peux pas tout dire

L’industrie des ratures

 

C’est infiniment lent.

J’écris comme un marcheur,

Flottant comme un nageur.

Je planche et prend mon temps.

 

Merci pour vos questions

Et pour votre attention

À mon doux charabia.

 

Merci pour cet échange

Merci pour vos louanges

Et ce partenariat

 

Merci Pierre de m’avoir accordé de votre temps pour cette interview. Je vous souhaite une bonne continuation pour vos projets et à bientôt !

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Un commentaire sur “Interview : Pierre THIRY

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